marqueur eStat'Perso archives locales
Le grand portrait
Le blason

 Page 157

LES ORIGINES DE LA FAMILLE JANNOT

 

 

 

 

 

 

 


La famille JANNOT fut notable à MONCEY d'ancienne date.  En 1492, dans l'acte du don de meix Colard, Viennot JEHANNOT est confin du dit meix. Nous ne trouvons que cette fois le nom de JEHANNOT écrit ainsi, désormais c'est toujours JANNOT.

En 1539, Pierre-Jean JANNOT pour lui et les autres héritiers de Nicolas et Viennot,JANNOT flt connaissance au haut doyen, et de même Léonard JANNOT, en 1556.  En 1592, Jean JANNOT, notaire, obtint de Bellevaux, dont il était procureur d'office, l'affranchissement de main-morte pour une maison et des terres relevant de l'abbaye ; dans l'acte il reconnaît et énumère avec leur contenance, outre un jardin, deux jardins, et une chenevière, champs : 27 journaux, 19 pièces ; vignes prés : 4 faux 213 en 6 pièces.

Comme confins sont cités les JANNOT Anatole, Jean Le Vieux, Catherine Baptiste et Jeanne.  La compensation offerte pour Jean JANNOT est acceptée ; c'est plus des trois quarts du revenu de ces meix et héritages et un pré de la contenance de deux bons chariots de foin, en valeur de 6 francs de revenu moyen annuel ; Il y ajoutait la considération des services rendus par lui à l'abbaye, dans sa charge de procureur d'offices et autres affaires, avec la promesse de travailler de même à l'utilité du monastère ; puis il observait « que le droit de main-morte est exposé à du hasard défavorable, sujet à des orvales de feu et autres Incidents ; que les lods qui étaient de quatre  deniers par franc, ainsi que les droits de justice, de taille et seigneurie avaient chance d'être réduits à rien, vu que les héritages pouvaient demeurer en friche et, sans labeur, voire en totale ruine selon qu'en tel état de ruine étaient sa grande quantité des lieux où elles étaient par la mortalité advenue à cause des pertes ayant régné depuis peu d'années au lieu de Moncey, et aux lieux dépendant de la seigneurie (de Bellevaux) par le moyen de quoy les dismes et dis lieux étaient et seraient pour l'advenir beaucoup MINUES »...

Etaient présents et ont signé, honorés hommes : Gaspard du Mont, Adrien Vade de Pacet, Charles Bartrand, Eusèbe Lymauer, tous demeurant au dit  Bellevaux, etc… et enfin J Jannot  et C Loye, notaire

Meix = parcelle de terre et habitation qui lui est accolée.

Page 158

Cet affranchissement fut ratifié par l'abbé de Citeaux, Delacroix, au petit Citeaux à Dijon, le 5 Avril 1590.  La délibération des religieux de Bellevaux à ce sujet est du 17 Juillet 1588.

En cette année 1591, par la déclaration faite en son siège par Adrien Thomassin, Lieutenant-Général du baillage de Vesoul, Jean JANNOT, notaire et son frère, Jean JANNOT LE JEUNE, furent affranchis par désaveu de la main-morte personnelle envers Gaspard de Grammont, seigneur de Châtillon et de Moncey.  Gaspard avait donné son consentement à cet affranchissement dès le 26 Décembre 1589, en donnant procuration à Georges Ramey pour cette affaire ; en cet acte, il faisait remise aux deux frères JANNOT, des deux tiers de leurs meubles qui lui revenaient de par ce droit :

«  Ce jour en avoir été satisfait auparavant ; et il leur laissait leurs immeubles dépendant de lui pour les posséder perpétuellement aux mêmes charges et conditions mainmortables qu'ils les tenaient auparavant". Ces immeubles de par le droit, devaient être abandonnés au seigneur désavoué.  Ainsi, les JANNOT furent déclarés "Gens francs et bourgeois de sa Majesté, pour jouyr des mêmes privilèges et aucthotités que gens francs et lièges bourgeois de sa Majesté, ont accoutumé faire à villes de Gray, Dôle, Vesoul, Jussey et Jonvelle".

La proclamation et déclaration sisdite fut faire par le notaire Jean Poignand de Chaudefontaine.

En 1569, les acheteurs du meix Colard, des Gillebert, étaient Léonard, Pierre et Jean JANNOT LE JEUNE.

En 1605, on trouve maître Nicolas JANNOT, notaire.

En 1601, JB JANNOT obtenait avec Jean Maillefort de Gaspard de Grammont, la permission de chasser dans le territoire.

En 1627, le frère Gratien de Montfort, provincial des capucins de Baume, octroie "participation à tous les biens et mérites spirituels de l'ordre dans la

province «  à Pierre JANNOT, sa femme Jeanne Caroutey, Henriette, Pierre, Alix et Claudine JANNOT, leurs enfants.

En 1690, le frère Albert, provincial, étend cette concession à Anne-Claude Pierre, Pierre, Claude -François, Madeleine, Claude JANNOT.

En 1634, les JANNOT prétendirent eux-mêmes avoir été affranchis et en 1643, ils avaient un procès à ce sujet.

En 1640, Pierre Jannot est scribe ou greffier de la seigneurie de Cromary…

…page161

L'achat au marquis du Cheyland, l'année 1789, par le futur Maréchal, de la seigneurie de Moncey, dont Il ajoutera désormais le nom à celui de JANNOT, lui donna, dès l'ancien régime, les apparences de la noblesse, mais non celle-ci.  Il eût fallu des lettres royales la lui conférant.

La famille de la mère du Maréchal, née Marie-Elisabeth Guillaume, avait une position assez semblable à celle des JANNOT.  Son père Claude Antoine, était conseiller du Roi, lieutenant particulier au baillage de Besançon.  Deux de ses frères, Claude-Joseph et Jean-François, étaient officiers, un autre Jean-Baptiste avocat en parlement (8).  Sa sœur, Claude-Françoise, épousa un avocat en Parlement Alexis Drouhard.


…Page 167-

L'ENFANCE, L'ADOLESCENCE ET LES ETUDES

Bon Adrien JANNOT est né à Moncey, le 31 Juillet 1754.  Sa maison natale existe toujours.  C'est le bâtiment avec escalier de pierre extérieur, qui est au nord et mitoyen de la ferme appartenant actuellement à Mr Bole.  A cette époque, Moncey faisait partie de la paroisse de Palise ainsi que Venise, Aulx-les-Cromary et Thurey le Mont.

Les offices étaient en principe, célébrés à Palise, mais Il existait également une église à Moncey, contenant deux chapelles, dont la Chapelle Saint-Claude.  Cette église menaçant ruines, fut aux environs de 1745, remise en état notamment par la reconstruction du clocher, la pose d'une cloche (1), et d'une grande porte à deux battants, la réfection du pavé, le ré haussement de la sacristie et le blanchiment de tout le bâtiment.  Ce sont toutes ces grosses réparations, qui ont fait de cette église ce qu'elle est aujourd'hui.

Claude JANNOT, en 1715, avait acheté pour 40 livres, un banc dans la nef, et un banc dans la chapelle de St Claude, avec "le droit pour lui et ses

héritiers de posséder les dites places, d'y entretenir des bancs et de se faire enterrer dans la dite place de la nef en payant à la fabrique, six livres

pour chaque corps de chef de famille qui y sera enterré".

Sans être paroissiale, l'église de Moncey, alors communément appelée chapelle servait à la célébration de certaines cérémonies, dont les

sépultures, sans que les registres paroissiaux ne  sortent jamais de la maison curiale de Palise où les fidèles avaient obligation d'aller

signer les actes de baptême, de mariage, de décès.

  Ce fait expliquera la méprise de certains qui firent naître le futur Maréchal à Palise et non à Moncey.

 

(1)            l'ancienne cloche pesait environ 2 000 livres, avait été brisée pendant la guerre de 1636, et les morceaux dispersés ou volés.


Page 168

De son mariage contracté avec Elisabeth Guillaume, fille du Lieutenant particulier au baillage de Besançon, François-Antoine JANNOT eut de nombreux enfants dont cinq fils.

Le second, Bon Adrien, le futur Maréchal de France, naquit à Moncey, le 31 Juillet 1754.  Il fut baptisé le lendemain, 1er Août 1754, en la chapelle de Moncey, en même temps que sa soeur jumelle.  Il eut pour parrain et marraine, le sieur Bon Gervais et Melle Adrienne JANNOT.

L'acte de baptême-porte la mention suivante :

« Les susdits registres ont été portés à Moncey, par politesse envers le père et les parrain et marraine, pour cette fois seulement, sans en

tirer aucune conséquence. »

Bon, Adrien, que son père destinait à la Magistrature, fit ses études au Collège de Besançon.  Mais sa famille était devenue en fait bien

plus d'épée que de robe.  Ses deux oncles, frères de sa mère, étaient au service du Roi.  Ils se retirèrent avant 1789, l'un avec le grade de

Major, l'autre comme Capitaine de cavalerie, tous deux Chevaliers de l'Ordre de St-Louis.

Bien d'autres membres de la famille du futur Maréchal, ou alliés à sa famille étalent aussi au service du Roi.

Sa soeur aînée avait épousé en 1776, Mr de FYARD, Capitaine d'infanterie, fils du Président au Présidial de Vesoul ; celui-ci avait quatre

fils ; trois étaient Capitaines d'artillerie, le quatrième Capitaine d'infanterie.  Mr de Burger, grand prévôt de la province de Franche-Comté

, retiré avant la Révolution avec le grade de Maréchal des camps et Armées du Roi, était cousin du Maréchal.  Celui ci était aussi cousin

de Messieurs de Guiseuil, fils d'un conseiller à la Chambre des Finances de Besançon, tous deux Capitaines et Chevaliers de l'Ordre de

St-Louis ; neveu de Mr de Granges, substitut au Parlement de Besançon, qui avait deux fils, l'aîné, Capitaine de Cavalerie, le second,

Capitaine d'infanterie.